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Tribune. A l’affiche Rhino Jazz festival, Youn Sun Nah présente son dernier album, “She moves on”. Portrait d’une Coréenne devenue star grâce à la France.

«Ce que j’aime dans le jazz, c’est sa liberté »

Sa voix est douce, elle pèse chacun de ses mots, toute en humilité et retenue pour raconter sa vie.
Née à Séoul en 1969, elle baigne, dès son enfance, dans une ambiance très musicale. Son père est le fondateur du choeur national coréen et sa mère chante dans des comédies musicales. «Mes parents, travaillaient très dur. Je n’avais pas envie de cette vie là», avoue la soprano qui va faire des études de lettres avant de travailler dans la mode.
Des petits rôles décrochés dans des comédies musicales l’a font changer d’avis. Elle découvre le plaisir du chant et de la scène. You Sun Nah demande conseil à un de ses amis, musicien professionnel qui lui répond : « tu es trop vieille pour le classique. Fais du jazz qui est à l’origine de toutes les musiques actuelles. Avec le jazz, tu sauras tout faire». Elle s’envole pour Paris, « la meilleure école de jazz» .
Avant d’arriver en France, la jeune Coréenne n’avait jamais entendu parler de Louis Armstrong, encore moins de John Coltrane. Mais c’est là qu’elle va trouver sa voie et sa voix pour devenir une chanteuse de renommée internationale : neuf albums, des tournées dans le monde entier et des passages remarqués aux festivals de Juan-les-pins, Montreux, Marciac ou Montréal.
Ses débuts sont difficiles. «Je me disais : Le jazz, ce n’est pas pour moi. C’est américain, européen. En Asie, nous n’avons pas ce swing. Et je n’ai pas la voix d’Ella Fitzgerald, pas la voix de Billy Holiday». Elle veut alors rentrer en Corée. Ses professeurs l’en dissuadent et lui font découvrir d’autres voix, sopranos comme elle. “J’ai trouvé ça très beau. Ça a changé ma façon de voir les choses, j’ai décidé d’avoir mon propre style sans imiter les autres”. Un Style “multiculturel”, qui associe son identité coréenne et son amour pour la France, sa chanson, Ferré, Brassens, Barbara… mais aussi toutes les couleurs du jazz.
“Ce que j’aime dans le jazz, c’est sa liberté. Il y a, par exemple, des centaines de versions de “Fly me to the moon”, un des plus grands standards. C’est ça qui est fascinant. On est libre !”.
Depuis, elle est retournée vivre en Corée. Son dernier album, «She moves on» a été enregistré aux Etats-Unis. Un changement de latitude mais pas une rupture, explique l’artiste : «La France est mon pays de coeur. Je n’y habite plus. Mais je garde un attachement très fort pour elle. C’est ici que j’ai construit mon identité artistique. Et j’éprouve de l’amour pour le public français, c’est de l’amour, un amour physique comparable à celui entre un homme et une femme !

Youn Sun Nah : Jeudi 5 octobre à 20h à l’opéra de Saint-Etienne dans le cadre du Rhino jazz festival.

 

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