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Belle performance à la Maison de la Danse de la coréenne Eun-Me Ahn qui a présenté un spectacle coloré et rythmé explorant les limites du corps.

«Let me change your name» Un étrange ballet acidulé

Deux danseurs glissent sur le sol, puis trois. Rideaux noirs, scène plongée dans l’obscurité, trois rayures lumineuses au sol. Un couple androgyne surgit en roulant à terre. Longues robes noires, toutes simples.
Le ton est donné. Un univers à part, sans prudence, jouant entre émotion et puissance.
Nouveau rayon de lumière. Un danseur se saisit d’un personnage et l’entraine vers une porte. Quelques minutes d’un ballet étrange en noir et blanc. Tout à coup, une danseuse en robe rose fluo, légère, avance en flottant comme une marionnette, cambrée, bras au ciel, tirant un ruban bleu. Elle s’arrête, s’étire comme une lionne, regarde le public. Oeil perçant. Puis se remet en marche, au ralenti. Lumière rouge, grésillements, sons grinçants, bourdonnements d’insectes. Une seconde danseuse s’en mêle. Entre robot et déferlante. Très compacte. La musique hésite, son corps aussi, elle se baisse, se redresse, très droite, gestes circulaires puis soudain, silence. Elle s’avance, rejointe par les autres en robes bleue, jaune, rose. Seul un soliste noir saute, comme saisi par des spasmes. Il s’allonge au sol. Un complice en jaune lui tend la main, le relève, des couples se forment et le rythme s’accélère. Tous bondissent, se couchent, se déshabillent et se retrouvent en slip blanc. Ils courent, ralentissent, marchent… Entre défilé de mode et transe, rituel et ballet. Les tissus colorés volent sur fond blanc alors que les danseurs entrent et sortent, jouent au loup, se touchent et s’enfuient.
Un jeu de répétitions alors que les robes deviennent des jupes après un passage en coulisses. Duos et trios éphémères dans un tourbillon. Gestes synchronisés à la seconde. A moitiés nus, ils s’élancent les uns contre les autres, se repoussent, s’embrassent, s’éloignent… Pour ne faire qu’un seul corps dans un festival de lumières et de couleurs, accompagné d’une symphonie associant soupirs, hoquets et battements de coeur.
Un homme en blanc se recroqueville. Ambiance tout en clarté. Soudain, la chorégraphe Eun-Me Ahn rejoint sa troupe, en robe noire. Elle traverse en courant la scène, plongée dans la pénombre.
Joli final pour ce spectacle très contemporain, visuel et lumineux, tout en contraste. Une formidable énergie soulignée par une esthétique très sobre.

"Let me change your name" de Eun-Me-Ahn avec 9 danseurs. A la Maison de la Danse. Durée : 1h15.

Caroline Riehl

 

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