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«Mettre Lyon sur le divan». C’est le défi relevé par l’Agence Nationale de Psychanalyse Urbaine en partenariat avec les musées Gadagne. Une exposition surprenante sur les transformations de Lyon depuis le 18e siècle jusqu’au 22e siècle !

Lyon et son avenir vus par Gadagne

Il a un look improbable. Un savant fou sorti tout droit de son laboratoire. Chemise bleu et cravate assortie, pantalon rouge. Une longue blouse blanche usée, les cheveux en bataille et de grosses lunettes. Il s’appelle Laurent Petit. Il est «psychanalyste urbain» et fait partie des experts qui ont travaillé au montage de cette exposition. Au début, on se demande si tout ça est vraiment sérieux. Mais l’introduction du directeur des musées Gadagne, Xavier de la Selle, ne laisse planer aucun doute : «Notre objectif est de redonner une nouvelle dynamique à ce musée en présentant les grandes métamorphoses de la ville de Lyon. Avec des regards historiques, scientifiques…»
Pendant plusieurs mois, les équipes de l’Agence Nationale de Psychanalyse Urbaine ont interrogé les habitants dans la rue en utilisant la célèbre technique du portrait chinois. Résultat : des centaines de réponses présentées à travers quatre salles thématiques à Gadagne. Vidéos, dessins, témoignages…
La première salle, «extension urbaine». Une drôle de sculpture en métal. D’immenses jambes gainées de bleu symbolisant le Rhône et la Saône. Au plafond, un cerveau stylisé dont sortent des tuyaux bleus, des écouteurs qui permettent d’entendre les commentaires recueillis dans la rue. Face à cette structure futuriste, un grand mur rouge avec de vieilles photos, d’anciens plans… Documents sortis des archives municipales. Avec un espace ludique dédié au public qui pose une question : «Comment souhaiteriez-vous voir Lyon dans quelques années ?». Sur un banc, des cartons pour écrire ou dessiner sa vision de la ville. Des éléments qui seront analysés tous les deux mois par les membres de l’agence puis restitués sous forme de pièce de théâtre qui sera jouée en mars prochain.
Deuxième salle dédiée à deux quartiers emblématiques : la Croix-Rousse et la Presque Ile. Toujours le même principe : une partie prospective et décalée, avec des dessins et vidéos humoristiques. Une autre plus historique avec des photos en noir et blanc : construction de la rue Impériale, actuelle rue de la République, inauguration de la fameuse «ficelle» permettant de relier le bas et le haut de la ville… Mais aussi des extraits de journaux militants, «La Croix-Rousse n’est pas à vendre». Et toujours un jeu à faire en famille. Cette fois, il s’agit de donner des idées pour favoriser le vivre ensemble qu’il faut suspendre avec des petites pinces colorées.
La troisième salle, beaucoup plus petite, est consacrée à la santé. Objectif : comprendre comment Lyon est passée de «ville grise» à «ville lumière». Création des égouts, des hôpitaux, nouveaux quartiers comme celui des Etats-Unis… Avec une figure : Tony Garnier, «l’architecte moderne» du début du 20e siècle.
Dans la dernière pièce, on retrouve le corps métallique allongé sur le sol. Une salle qui évoque la modernité, notamment le passage de la voiture aux modes de transports plus doux. Mais aussi la création de nouveaux quartiers : Confluence, Part Dieu… Avec des dessins d’architectes, des maquettes en 3D, des images de l’INA…
Pour conclure, une projection de Lyon en 2118. La Halle Tony Garnier est engloutie, le Musée des Confluences est devenu le Musée des Civilisations Extraterrestres, des voitures qui volent… Les visiteurs sont invités à dessiner sur le mur leur vision de la ville de demain. Et tous les délires sont permis.

«Lyon sur le divan, les métamorphoses d’une ville», jusqu’au 17 juin 2018 aux Musées Gadagne.
Illustration : Dessin extrait du film d’animation de Luc Schuiten, "Lyon 2010 – 2100", montrant la ville qui se transforme progressivement en cité végétale.

 

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