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Une histoire ordinaire. Famille de médecins, enfants modèles, vie tranquille. Et tout bascule quand un adolescent se faufile dans ce paradis. Incroyable suspens.

«Mise à mort du cerf sacré» Une esthétique de l’angoisse

Tout commence par une image forte : opération à coeur ouvert. Pour présenter Steven, (Colin Farrell) tiré à quatre épingle, yeux noirs, barbe parfaitement taillée. Cardiologue dans un grand hôpital. Marié et père de deux enfants. Son épouse, Anna (Nicole Kidman) une grande blonde aux yeux bleus, médecin elle aussi, gère la maison d’une main de fer. En apparence, une famille modèle, pas un cheveux qui dépasse, pas un mot de travers. Sauf que le père a noué une relation étrange. Toutes les semaines à la même heure, il rencontre un adolescent dans un restaurant. Martin (Barry Keoghan), brun, bouche de travers, nez massif. Regard bleu inquiétant. Le fils d’un patient mort sur sa table d’opération. Leurs relations sont distantes, froides. Et leurs discussions convenues. Il lui offre une belle montre, l’invite à dîner chez lui. Une séquence soulignée par une musique étrange. L’annonce d’une tragédie à venir. 
L’adolescent s’impose. Il drague sa fille, lui présente sa mère. Avec une scène incroyable sur le canapé devant la télévision. Et il devient insistant. La pression monte. Jusqu’au jour où tout bascule : «Tu as tué un membre de ma famille, l’un des tiens doit mourir. A toi de choisir qui, ou je les tuerai tous», lance Martin à Steven. 
Le début d’un enfer. Les deux enfants sont victimes de troubles inexplicables. Paralysés des jambes. Et ils acceptent leur état avec un fatalisme déconcertant. Alors que leurs parents perdent leur sang-froid. Et la violence s’installe. Avec un final déchirant sur un air d’opéra. Sacrifice sur l’autel du hasard. 
Prix du scénario au Festival de Cannes, un film très intense où le personnage principal est une ambiance, glauque. Avec une mise en scène très lente, large, des travellings à la Hitchcock, renforcés par une musique oppressante. Et les acteurs sont à la hauteur. Farrell et Kidman fascinants à mesure que leurs masques tombent. Et Keoghan qui s’impose comme un monstre pervers. 
Le talent de Yorgos Lanthimos est de jouer avec la banalité pour faire monter un incroyable suspens. Une esthétique de l’angoisse. 

«Mise à mort du cerf sacré» de Yorgos Lanthimos avec Colin Farrell, Nicole Kidman, Barry Keoghan… Sélection officielle du Festival de Cannes, prix du scénario. 2h01

Agathe Archambault

 

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