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Jacques Truphémus est mort à 95 ans. Ce peintre lyonnais avait ouvert, il y a quelques mois, les portes de son atelier à mytoc.fr

Truphémus dans l’intimité

Son atelier est situé au coeur de la presqu’île, au dernier étage d’un bel immeuble. Il ouvre sa porte, petit sourire timide, belle moustache blanche et regard bleu profond. 
C’est là que Jacques Truphémus travaille depuis plus d’un demi-siècle. Un grand espace silencieux, baigné de lumière avec vue sur les toits du quartier d’Ainay. Un parquet recouvert de peinture. Au centre, son chevalet et son tabouret en bois. Une commode avec ses pinceaux et ses couleurs… Et un bouquet de tulipes blanches qui se reflète dans le miroir. Une nature morte qui l’a inspiré pour une toile, «Fleurs et fruits devant le miroir». Posées à terre, contre les murs, des dizaines de toiles prêtes à partir pour être exposées à la Maison Caillebotte et au Musée Hebert.
Bientôt 95 ans, toujours plein de vitalité mais paisible, il prend son temps pour trouver les mots justes. Voix douce. Il raconte sa vie. Son enfance à Grenoble. Les dimanches en montagne, avec son père qui lisait pendant que lui peignait. Sa première toile, une petite église sous la neige. Huile qu’il a conservé. Ce qui l’a marqué aussi c’est le Musée d’Art Moderne : Matisse, Picasso, Braque, Soutine. «C’est à travers l’admiration porté aux autres qu’on se découvre», explique l’artiste en ajoutant : «Je suis l’élève de personne et de tous». Mais quand il parle de Van Gogh, Cézanne, Matisse, Bonnard…  ses yeux pétillent. «Il faut savoir regarder une oeuvre». 
Pour lui, la peinture c’est «une histoire d’amour, car on ne peut peindre que ce qu’on aime». Mais il faut être disponible, se laisser envahir par ses émotions et ses sensations. 
Avoir un regard critique sur son travail, c’est essentiel pour évoluer, explique celui qui avoue avoir détruit des centaines de toiles, brulées, enterrées, déchirées. «Une destruction positive» pour être en accord avec lui même et pouvoir avancer. Travailleur infatigable, il peint tous les jours. «Une chance», dit ce passionné qui parle de «beauté» et de «sens» en regrettant que ces mots passent pour «ringards» aujourd’hui. Puis il marque un silence avant de murmurer : «La peinture est un révélateur de ce que chacun a de plus rare, de plus essentiel.» 

Tableau : autoportrait par Jacques Truphémus (détail)

 

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