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Jean Rochefort a reçu l’équipe de mytoc.fr dans son appartement parisien. Une interview détendue et spontanée. Ambiance.

Un après-midi dans l’intimité de Jean Rochefort

Paris 7e arrondissement, rue de l’Université. Une cour tranquille et au fond à droite, un escalier en contrebas. C’est là. Quelques marches. On est chez Jean Rochefort. Une tanière discrète pour cet acteur, figure du cinéma français, 150 films au compteur, trois Césars…
Petit hall avec meubles anciens, à droite une cuisine. Et à gauche un long escalier en bois. « Montez ! » Voix chaude et accueillante, celle de Jean Rochefort, tout en couleurs.
Chemise bleue électrique, bretelles beiges, pantalon en velours jaune flashy et des baskets Jordan jaunes. 86 ans mais toujours aussi classe. Un grand sourire moustachu. L’acteur avoue être un peu fatigué. La veille, il a tourné un nouvel épisode des « Boloss des Belles Lettres ». De courtes vidéos pour France 5 dans lesquelles il interprète de façon drôle et décalée les grands classiques comme « Le père Goriot » ou « Madame Bovary ». Aujourd’hui, il passe la journée avec Pauline, « une jeune comédienne prometteuse ». Il l’a découvert sur scène, par hasard. Depuis, il la coache plusieurs heures par semaine. 
On s’installe sur un grand canapé gris. Jean Rochefort, en face, sur un fauteuil fleuri. Derrière lui, un monte charge « un des derniers à Paris », dont il est très fier. Sur la table, quelques romans et la couverture de la prochaine édition du Petit Robert. Avec sa photo en couverture. « Et dire que mon père avait prédit que je finirais sous les ponts ! », plaisante l’acteur.
Pendant près de deux heures, il se prête au jeu des questions-réponses. Très spontané. Toujours doux et bienveillant. Chaleureux aussi. Et drôle. Une interview qui ressemble à une discussion entre amis, un verre à la main. De l’eau. Jean Rochefort raconte anecdotes et souvenirs. Les tournages avec Jean-Paul Belmondo « un ami depuis 68 ans ». Une discussion, un soir, dans une loge avec Jacques Brel. Son amour pour Coluche « un homme vrai et proche des gens ». Il parle aussi équitation, évidemment. Un virus qu’il a transmis à Louise, sa fille qui rêve de participer aux Jeux Olympiques de Rio cet été. L’acteur est drôle et pétillant. Séducteur aussi. Un vrai comédien. Avec lui pas de langue de bois. Il a passé l’âge. 
Sa mémoire lui fait parfois défaut. Et il en joue. A son interlocuteur de découvrir de qui il parle. « Le petit nerveux qui boite » ? Nicolas Sarkozy. « Celui qui n’a pas de cheveux » ? Alain Juppé. Mais quand il défend une cause qui lui tient à coeur, il n’hésite plus, direct, convaincu. « La culture pour tous », pour lui, c’est vital. Et il n’hésite pas à enregistrer une vidéo de soutien à mytoc.fr Totalement improvisée. Un ton grave mais ça ne l’empêche pas de plaisanter « mytoc ? mytoc ! mytoc, ils s’appellent comme ça, c’est étonnant… » Il est parti, on ne l’arrêtera plus. On lui suggère un mot, mais il esquive avec élégance. Et poursuit. Décidé. Quelques minutes sans pause. Parfait.
Puis, de nouveau, il plonge dans ses souvenirs. « Quand j’ai monté « Histoire du soldat » pour le Théâtre des Célestins de Lyon, j’avais choisi une sublime danseuse noire. Mais au bout de quatre représentations, elle m’a appelé pour me dire qu’elle était tombée follement amoureuse et qu’elle quittait tout pour cet homme. Ça m’a mis KO ! » Et il éclate d’un rire joyeux. Il évoque aussi les actrices qui passé 40 ans « sont boycottées par le cinéma alors que c’est l’âge où elles commencent à avoir du talent ! » Et le regard toujours coquin, le héros de « Un éléphant ça trompe énormément » plaisante sur « la fellatrice du président », Julie Gayet… 
Avant de le quitter, on a droit à quelques minutes devant « le mur des amis ». Des dizaines de photos en noir et blanc. Ils sont tous là : Belmondo le beau gosse en moto dans les rues de Paris, Coluche assis sur les genoux d’un Jean Rochefort tout jeune…Une autre époque. Des images rares.
La nuit est tombée. Il sait que je rentre à Lyon par le dernier TGV et me propose de dormir chez lui. Puis se ravise, l’oeil rieur : « Ah, non ce n’est pas possible, je n’ai qu’un seul lit ». Jean Rochefort passe une main dans sa belle chevelure blanche. Sur le perron, on se fait la bise. Et d’un air paternel, il lance : « Revenez me voir quand vous voulez ! ». Avec un petit signe de la main.

Nadège Michaudet

Lire l'interview : ici

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