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Un vrai sujet, de bons acteurs et un réalisatrice inspirée. Mais ça ne suffit pas à faire un film convaincant. Manque un texte pour parler d’un amour impossible. Au lieu de se balader dans un désert.

«Un beau soleil intérieur» Mission impossible pour Angot

Elle est belle, mure mais craquante. La cinquantaine, divorcée, artiste, une fille, amant banquier. Juliette Binoche. Et elle cherche le grand amour. Il faut dire que le banquier est répugnant. Gras, chauve et barbu, sur de lui, en plus il met des heures à jouir ! Isabelle le congédie alors qu’il débarque impromptu chez elle en lui annonçant en rentrant du Brésil avec un énorme bouquet de rose blanche : «J’ai une terrible envie de te niquer».
Alors elle part en chasse. Et tombe sur un jeune comédien, un mariage fragile, beaucoup d’alcool et des rêves lui aussi. Nuit amoureuse mais il esquive. «J’aime le jour d’avant, là c’est fait, y a plus d’avant».
Le banquier revient à la charge. Elle se défile. Croise un abruti chez son poissonnier qui l’invite dans sa cambrousse. Elle refuse. Un galeriste tente sa chance. Son ex-mari aussi. Isabelle ne cherche pas un mec. Mais une vibration. Alors elle hésite, au bord du néant. «Je n’ai plus de désir». Elle prend la main d’un grand black, directeur de musée, qui lui demande du temps avant d’aller plus loin. Essaye un gars qui s’est paumé dans les beaux quartiers. Rien, toujours rien. Marc, Bruno, François et les autres défilent au seuil de son coeur. En vain. Alors Isabelle se réfugie chez un voyant. Depardieu, géant de l’ombre armé d’un pendule, qui lui annonce le retour du comédien. En l’incitant à retrouver d’abord son «soleil intérieur».
Générique et on hésite. Envie de hurler au ratage magistral. Les textes d’abord, signés Christine Angot. Dialogues maladroits qui tombent à plat. Christine Angot. Pas facile de parler d’amour quand on cultive une dépression chronique. Mais on a échappé au pire. Une adaptation des «Fragments d’un discours amoureux» de Roland Barthes. Alors on a droit à des banalités haut de gamme. Un quartier de Paris qui se regarde dans un pauvre miroir. Pourtant, il y a une tartine de bons acteurs. Nicolas Duvauchelle, d’abord, juste et touchant. Ça ne suffit pas à donner à ce film un peu de lumière, d’énergie. Un sens. Dommage car la réalisatrice Claire Denis a souvent un regard inspiré. Mais Angot a saboté l’affaire.
A voir quand même pour le talent de cette petite troupe qui se débat sans mots, dans le désert.

«Un beau soleil intérieur» de Claire Denis avec Juliette Binoche, Nicolas Duvauchelle, Bruno Podalydes, Josiane Balasko, Philippe Katerine, Gérard Depardieu… 1h34.

 

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