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Lyon/Rhône-Alpes-Auvergne
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la revue

Au sommaire de ce numéro : un portrait de la chanteuse punk Nina Hagen, un tête-à-tête entre le bédéiste Manu Larcenet et le Goncourt Alexis Jenni, l’académicien Marc Lambron qui raconte sa rencontre avec les Beatles… Mais aussi Gérard Depardieu en ministre de la Culture et une rétrospective du festival de Cannes en dessin.

Printemps Été 2015

Non au mépris !
​De gauche à droite, que faut-il retenir quand les politiques parlent de culture ?​
Très souvent, un immense silence, lourd et pesant.
Certes, de temps en temps, on a droit à une intervention rassurante. Comme l’été dernier, quand le premier ministre a promis qu’il ne toucherait pas au budget de la culture. Mais les mauvais esprits ont aussitôt souligné qu’à la veille des grands festivals, il fallait calmer les intermittents.
De temps en temps aussi, on a droit à une belle gaffe. Exemple quand la ministre de la Culture avoue ne pas avoir le temps de lire car elle est condamnée à avaler des dossiers, enchaîner des réunions. Révélateur non pas de l’inculture de cette ministre mais du système politico-médiatique qui privilégie la vitesse, le spectaculaire... Et qui relègue la culture aux oubliettes.
De temps en temps, encore, on disserte sur l’exception culturelle française. Et tout le monde applaudit dans une sorte de cocorico consensuel. Puis une étude tombe, comme l’année dernière, pour rappeler le poids économique de la culture, à coup de milliards. On se bouscule alors pour souligner que ce «secteur d’activité» pèse plus lourd que l’automobile, le luxe ou les télécommunications. Intéressant, mais l’argent fait-il le prix de la culture ?
​On est loin, très loin des temps anciens, non pas de l’époque où on parlait latin dans les universités, mais des années Malraux ou Lang, figures flamboyantes qui imposaient en politique un certain niveau culturel.
Pas question ici de critiquer les politiques qui font un métier difficile. Et qui, pour la plupart, le font bien. Les crétins et les voyous sont marginaux.
​Mais il faut en convenir : aujourd’hui, il est assez rare de croiser sur le terrain un élu qui s’intéresse vraiment à la culture. Pas simplement attiré par les paillettes, les stars, la lumière... Un élu qui ait une vraie vie culturelle personnelle, qui soit capable de passer une soirée dans un petit théâtre, de lire de la poésie, découvrir l’exposition d’un jeune artiste, participer à un débat un peu perché... Un élu qui ne sorte pas automatiquement son revolver budgétaire quand on lui parle culture. Mais qui cherche d’abord à saisir le sens. A évaluer la qualité d’un geste créatif, son ambition artistique, son impact social... On ne va pas citer de noms. En revanche, on peut reconnaitre à Jean-Jack Queyranne d’être un homme de culture. La preuve ? Selon les experts, le président de la Région a des grandes «chances» d’être éjecté de son fauteuil aux pro- chaines élections !
​C’est incontestable, les politiques méprisent la culture.
​Jugement trop radical ? Non. Mépris vient du latin «minus pretium», prix inférieur à la valeur réelle. Sous-estimer. Ce qui, au passage, permet de souligner aux «vrais intellectuels» que le latin peut encore servir quand le monde entier baragouine l’english avec 300 mots.
Mépriser la culture, c’est sous-estimer son prix, sa valeur. Et par extension, c’est regarder de haut la culture. De trop haut pour évaluer de façon juste et pertinente le rôle clef qu’elle joue dans la société. Alors que justement les radicalités prospèrent aujourd’hui en se nourrissant de l’inculture.
La solution ? Redonner à la culture la place qu’elle mérite dans le débat politique.
Les élections régionales qui vont se tenir en décembre prochain sont une occasion à ne pas manquer. D’autant que l’avenir de la culture se joue sur les territoires. C’est une des grandes missions des régions mais aussi des communes. Près de la moitié de l’argent public investi dans la culture vient des collectivités territoriales. Cela confirme que, si la culture est universelle, elle s’inscrit dans la proximité. La culture c’est sortir de chez soi pour aller à un spectacle, une expo, un concert, un débat... près de chez soi !
Voilà pourquoi TOC vous donne rendez-vous à l’automne pour un grand débat. Faites-nous des suggestions pour interpeller tous les candidats de droite à gauche. Qu’ils écoutent, qu’ils répondent, qu’ils s’engagent. Et on sera nombreux pour les empêcher de mépriser la culture !

sommaire
  • THEATRE Laurent Brethome au In d’Avignon avec Riquet / Patrick Veisselier, les tribulations d’un Lyonnais en Chine / Serge Valletti fait rire Aristophane
  • BD Manu Larcenet en tête-à-tête avec le Goncourt lyonnais / Villani-Baudoin, quand la BD rencontre les mathématiques
  • POLITIQUE Gérard Depardieu ministre de la Culture
  • MODE Farida Khelfa raconte Jean-Paul Gaultier
  • LIVRES Ouzbékistan, le septième ouvrage de Lyane Guillaume / « Raconte moi », premier roman de Benoit Connin / Polar, un homme coupé en deux
  • CINEMA Vincent Lindon et moi / Cannes, rétrospective en images
  • GASTRONOMIE Bocuse pourquoi est-il immortel
  • ART Pierre Bonnard, tous les grands peintres se réclament de lui / Jeff Koons, les confidences de Balloon Dog / Maurice Garnier, l’incroyable parcours du fondateur d’Emile Cohl / Emilie Renault, le filet de l’intime / Grotte Chauvet, une très grande oeuvre d’art
  • PHOTOGRAPHIE Fonderie, reportage à Crest
  • DANSE Singapour, le conte de fée d’Etienne Ferrère / Maguy Marin le retour / Sandrine Bonnaire, « Quand je ne vais pas bien je danse »
  • ARCHITECTURE Confluence pour rêver le futur
  • MUSIQUE Nina Hagen prophète punk / Marc Lambron, sa rencontre avec les Beatles
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