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Matthieu Chedid et ses complices maliens ont mis le feu cet été en ouverture des Nuits de Fourvière. Le groupe revient à la Halle Tony Garnier pour un nouveau concert événement.

Lamomali de retour à Lyon

«Un projet fou, on vit avec vous la première…»
M débarque sur scène, seul. Veste en strass jaune et noire. L’artiste brille de mille feux dans son costume imaginé par Jean-Paul Gaultier. Mais il a abandonné l’incroyable perruque afro qu’il portait dans le clip «Bal de Bamako».
«Mama Sam» pour commencer. Refrain repris en choeur par un public sous le charme : «Non je ne connais pas l'Afrique - Aigrie est ma couleur de peau - La vie est une machine à fric - Où les affreux non pas d’afro». Première passerelle jetée entre Paris et Bamako. Fil rouge de ce concert d’ouverture aux Nuits de Fourvière.
M est rejoint par quatorze artistes. Toumani et Sidiki Diabaté, joueurs de kora maliens. La chanteuse Fatoumata Diawara, sublime dans sa longue robe rouge et jaune, épaules dénudées. Mais aussi le quatuor à cordes de Rémy Galichet, plus classique avec leurs tenues noires.
Les titres s’enchainent : «Une âme», «Cet air», « Lamomali»… Ambiance survoltée.
Les moments doux alternent avec de vrais délires. Instant suspendu quand les Diabaté, griots de père en fils, rendent hommage en musique «à ceux qui continuent de mourir dans les océans pour venir ici». Leur chanson s’appelle «Lampedusa». Silence dans le théâtre antique, puis de longs applaudissements. «Cette collaboration avec M est un projet pour la paix, l’amour, la culture mais surtout la spiritualité», raconte Toumani Diabaté, vieux sage paré d’une djellaba claire. Autre moment de partage, le duo entre M et Fatoumata Diawara. Un refrain presque murmuré : «Toi qui que tu sois je te suis bien plus proche qu’étranger». Joli clin d’oeil à Andrée Chedid, la grand-mère de l’artiste et auteur de ce poème.
Puis tout à coup, ambiance électrique. Lunettes éclairées en forme de noeud papillon, danses effrénées, flashs de lumière… Le rappeur Oxmo Puccino se joint à cette grande fête. Vêtements en wax pour être dans l’ambiance. La kora et le balafon, instruments traditionnels d’Afrique, côtoient les guitares électriques et les platines. Un mélange des genres, osé mais très réussi. «Nous sommes un afro-pop-band», proclame la petite bande, amusée.
Deux heures de show rempli de surprises. Comme cette reprise de «Sauver l’amour» de Daniel Balavoine dans une version franco-africaine. Ou cette interprétation symphonique de «Je dis aime», le célèbre titre de Matthieu Chedid.
«Lamomali est une bénédiction pour le Mali», conclu Toumani Diabaté, visiblement ému. Les artistes très complices ont du mal à quitter la scène. Envie de prolonger ce moment de communion. Et une conclusion en chanson. Engagée, à l’image de ce concert. «La grande vie nous a plongé dans sa grande cohue - Hors y’a pas d’étranger y’a que des inconnus - Solidarité voila c’est ce qu’on est venu demander - La beauté n’a pas de frontières». Standing ovation.

Article publié le 2 juin 2017

 

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