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Auteur de « Vivre mieux et plus longtemps » qui remporte un grand succès, Michel Cymes médecin et animateur de télévision, répond aux questions de mytoc.fr. En expliquant pourquoi la culture est un excellent stimulant pour le cerveau qui permet notamment de prévenir les maladies neuro-dégénératives. Une solution pour faire baisser les dépenses de santé !

Michel Cymes «La Culture c’est la santé !»

La culture c’est bon pour la santé ?
Michel Cymes : Oui, la culture c’est bon pour la santé comme tout ce qui fait bouger le cerveau. Toutes les études scientifiques ont montré que l’activité physique est bonne pour le cerveau. L’activité intellectuelle, aussi. Quand on va voir un spectacle, on fait travailler sa mémoire car il y a forcement un effet sensoriel, ça nous rappelle des souvenirs, ça fait appel à tout ce qu’on a vécu dans son enfance, son adolescence ou plus tard…
Quel est l’intérêt de stimuler les neurones ?
Ce qui est fondamental et que les gens doivent bien comprendre, c’est que quand on va voir une pièce de théâtre, un ballet, une exposition, un concert… on fait bien évidemment travailler nos yeux, nos oreilles, nos sens… Donc on stimule les neurones. Plus on les stimule, plus ils vont se connecter entre eux. Et plus notre cerveau vieillira bien. On l’a prouvé dans toutes les pathologies cérébrales
La culture est-elle une bonne prévention contre les maladies neurologiques ?
Oui et la prévention commence à tout âge. Si à 20 ans, 30, 40, 60, on va voir des spectacles, notre cerveau fonctionne. C’est ce qu’on appelle la neuro-plasticité. Mais il y a aussi le coté social. On sait aujourd’hui, et je me réfère à des études scientifiques, que plus on a de lien social, plus notre cerveau vieillira mieux. C’est là aussi un élément fondamental parce qu’on ne va pas au spectacle seul. On est avec des gens, on sort avec des amis. On partage ce qu’on a vu, entendu et tout ça crée du lien social.
Le fait que seule une minorité de la population a une vie culturelle explique qu’on dépense autant d’argent pour notre santé ?
Je ne sais si le trou de la Sécu est dû au fait que les gens ne vont pas au théâtre ou ne lisent pas… En revanche, avoir une vie culturelle fait partie de l’ensemble des actions à mener pour réduire la morbidité. C’est-à-dire l’apparition des maladies. Donc réduire les dépenses de santé.
La culture c’est aussi efficace que le sport ?
C’est un tout. A partir du moment où on associe activité physique, activité culturelle et bonne alimentation, on a une vie équilibrée. Et cela permet d’être en bonne santé. Mais seule une minorité de la population est dans ce cas. Mais si c’était le cas de la majorité, alors oui, on pourrait réduire les dépenses de santé. Et surtout vivre dans de meilleures conditions.
La culture peut aider à combattre la maladie ?
Aller au théâtre, au cinéma, au concert, voir des expositions… favorise une activité intellectuelle qui permet de retarder l’apparition de maladies neuro-dégénératives, comme la maladie d’Alzheimer. Et ça c’est prouvé.
Ce n’est pas plus efficace d’avoir une pratique culturelle ?
On peut participer à la vie culturelle en étant passif, c’est-à-dire en s’asseyant dans un fauteuil. Mais on peut soi-même avoir une pratique comme peintre, comédien, photographe… De plus en plus dans les hôpitaux, notamment dans les hôpitaux psychiatriques, on incite les patients à participer à des ateliers de peinture, d’écriture, de théâtre. Car ce sont des activités qui stimulent les gens. En fait, quand on est malade, surtout quand on a une maladie grave, on a tendance à se sentir inutile. Quand vous avez un but, un objectif, l’envie de faire quelque chose, de créer et vous mettre en danger, ça vous stimule le cerveau et vous donne l’envie de vivre. Tout ça ne peut être que bon. C’est pour ça qu’à l’hôpital, il y a de plus en plus de culture. Et c’est efficace. Tous les soignants le disent.
Et quand on est en bonne santé ?
Il y aussi un aspect psychologique. La culture permet d’avoir une bonne estime de soi. Non pas pour la ramener dans les diners mondains. Mais parce qu’on découvre des oeuvres, on s’enrichit l’esprit, on partage avec les autres… Et c’est quand mieux que de regarder, par exemple, des émissions de télé-réalité.
Alors pourquoi seule une minorité des Français ont une vraie vie culturelle ?
Le grand problème en France, c’est que le mot culture fait peur. Quand vous parlez de culture à des gens qui n’ont pas fait d’études, qui sont sortis tôt de l’école ou qui ont un métier manuel, ils vous répondent : la culture ce n’est pas pour moi !
Mais il ne peut pas y avoir une dimension anxiogène dans la culture ?
Il faut éviter les addictions à tel ou tel type d’activité. Et ne faire que ça. Exemple : si vous ne vous éclatez qu’en regardant des films d’horreur, ça pose un problème. Et on peut même suggérer que derrière cette addiction, il y a peut-être un problème psychologique. Mais être addict à l’Opéra, ce n’est pas très anxiogène. Il y a pire comme maladie. Mais il est toujours préférable de ne pas s’enfermer dans un seul registre.
Une vie culturelle doit être équilibrée ?
Il faut avoir une vie équilibrée dans tout. Y compris dans le domaine culturel.
Car notre cerveau ne supporte pas le mono-maniaque ou le mono-thématique. Tous les spécialistes l’affirment : pour que notre cerveau soit performant, il faut qu’il soit sollicité pour réaliser des taches différentes. Sinon seule une zone du cerveau va travailler. Or, nous avons besoin de notre cerveau dans sa totalité. Donc il faut équilibrer ses activités comme il faut équilibrer son alimentation. Il faut être ouvert à différentes disciplines : théâtre, musique, cinéma, peinture… C’est la seule façon de s’enrichir l’esprit.
Et pourtant on se précipite souvent aux mêmes spectacles !
Aujourd’hui, on a la chance de vivre dans un pays où la culture est accessible à tous et on a un choix très large entre Kafka et Gad Elmaleh. Mais le problème, c’est qu’on se base très souvent sur la critique ou sur l’avis des autres. Et qu’on juge rarement par soi-même. Or la culture c’est justement la curiosité et la diversité.
Pas de réserve, Docteur, dans cette ordonnance culturelle !
L’ordonnance est sans réserve. A condition que votre vie culturelle soit placée sous le signe de la curiosité, de l’ouverture. Mais surtout, il ne faut pas faire de complexe.
Si vous avez une vie culturelle, vous serez moins autocentré. Et être autocentré, c’est l’assurance de tomber malade de soi-même !

 

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