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Les filles de l’Illighadad et Bachar Mar-Khalifé vendredi soir à Saint Etienne dans le cadre du festival 7 Collines. Une belle expérience sonore.

Un festival hypnotique et puissant

Elles sont assises en tailleur, côte à côte au bord de la scène. Ambiance intimiste. Trois femmes touarègues, en indigos, turbans à moitié dénoués. Deux en robe, une en pantalon et tunique, foulard autour de leur visage souriant.
Première chanson, «Telillite», la plus connue. Une incantation. Leurs voix s’élèvent doucement pour se rejoindre au rythme des percussions. Un homme apparait dans son taguelmust blanc. Il saisit une guitare électrique rouge, alors qu’une des filles prend une guitare noire. Dans le silence ils s’installent, ajustent les branchements. Pas de mise en scène. Une authenticité à l’image de ces concerts bricolés dans les villages isolés. Et ça suffit pour en imposer. Une allure et une musique assez hypnotique. Les voix ondulent comme une berceuse. Blues du désert. A chacune son micro, tantôt solo, tantôt ensemble. L’une se balance d’une jambe à l’autre en tapant dans ses mains. Une autre, tout à droite, frappe inlassablement sur un assakhalebo, tambour africain composé d’une gourde flottant dans l’eau, qui produit un battement sourd. Puis elles échangent leur place, la guitariste au milieu pour chanter. Elle danse, mains tout en mouvement au dessus de sa tête pour rythmer sa mélodie, puis elle lance sa voix : entre le youyou et cris des amérindiens à cheval. Applaudissements du public conquis.
Entracte. Le chanteur compositeur franco-libanais Bachar Mar-Khalifé prend le relais. Barbe fournie, crâne lisse, veston à motif et une voix douce: «C’est une chanson sur mon pays lointain, le pays imaginaire».
Une batterie, une basse, un oud et deux pianos, électrique et acoustique. Premier prix du conservatoire de Paris, il joue de deux instruments tout en chantant en arabe et en jouant du pied avec la boîte à rythme. Voix puissante qu’il pousse haut et fort sur une batterie plein pot, comme un appel rock à la prière, avant de glisser dans un doux murmure accompagné par un piano nostalgique.
Un joli florilège d’influences et de mélodies. Le talent et l’universalité d’un compositeur épris de liberté. Une musique surprenante par sa diversité. Berceuse ou déchaînement, rythmée ou fluide, orientale, électro, jazz, souvent mélangée dans un habile équilibre de sonorités. Sous des croisillons de lumières. Un chant qui se mêle aux instruments, rythmé par un batteur yeux fermés et tête jetée en arrière.
Puis ils se retrouvent dans un tourbillon ahurissant. Transe collective. Au fond de la salle, une femme danse. Silence. Et acclamations du public.

Louise Reymond

 

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